Résultats « Questionnaire désumérisation » (22 janvier 2026)
Alertée par de premières désumérisations d’Unité, l’ADL a lancé une enquête afin d’objectiver l’ampleur du phénomène, en décrire les modalités et partager les retours d’expérience des directions concernées. Les résultats ont été présentés lors de l’assemblée générale de l’ADL le 5 novembre 2025 (voir résultats détaillés via ce lien Enquête Désumérisation).
L’enquête repose sur les réponses de quarante-cinq directions d’unité. Parmi elles, six unités sont directement concernées par une désumérisation totale ou partielle, avec dans certains cas le maintien d’une ou plusieurs équipes de recherche (EMR) au sein de la structure. Un cas particulier est à noter, qui relève non pas d’une désumérisation stricto sensu mais de la non-reconduction d’une fédération de recherche. En parallèle du questionnaire ADL, un recensement collaboratif initié par l’UMR CITERES à l’université de Tours a permis d’accroître les informations disponibles.
Dix-neuf UMR sont concernées par un processus de désumérisation ou assimilé. Ces données apparaissent relativement représentatives, dans la mesure où environ une quarantaine d’unités seraient potentiellement touchées. Les unités concernées relèvent de divers instituts du CNRS mais c’est l’InSHS qui est particulièrement touché (50 % des UMR ou Fédérations recensées)
Les formes de désengagement observées sont diverses. Elles vont du retrait total du CNRS au passage en tutelle secondaire, en passant par des désumérisations partielles avec maintien d’EMR ou encore par des fusions d’unités s’inscrivant dans des restructurations plus larges.
L’analyse des profils des unités concernées fait apparaître des caractéristiques communes. Les unités désumérisées comptent en général entre zéro et cinq chercheurs CNRS permanents et la part des personnels CNRS y représente moins de 15 % de l’effectif total. Il s’agit majoritairement d’unités à forte composante universitaire. À titre de comparaison, parmi les trente-huit unités non désumérisées recensées, le minimum observé est de cinq chercheurs CNRS et un IT CNRS.
Les calendriers de désumérisation, d’émérisation ou de passage en tutelle secondaire s’échelonnent entre 2025 et 2029. La durée des processus varie fortement, de quelques mois à plus de trois ans entre la première alerte et la décision effective. Plusieurs directions signalent toutefois une accélération récente des procédures, avec des délais de plus en plus courts entre une information informelle et la mise en œuvre effective de la décision.
Les retours d’expérience des directions d’unité soulignent des modalités de décision largement insatisfaisantes. Dans la majorité des cas documentés, les tutelles universitaires n’ont pas été informées en amont ou n’ont pas été associées aux discussions lorsqu’elles l’ont été. Les annonces sont décrites comme brutales, souvent découvertes au détour d’un échange informel ou à l’occasion d’une évaluation HCERES. Les directions font également état d’injonctions contradictoires, certaines unités ayant été encouragées ou structurées peu de temps avant d’être désumérisées, et d’un sentiment partagé de violence institutionnelle et d’absence de dialogue.
En conclusion, ces désumérisations sont vécues de manière très négative par les directions d’unité. Au-delà des situations individuelles, les échanges ont souligné la nécessité d’une clarification des critères, d’une meilleure anticipation des décisions et d’un dialogue réel associant les directions d’unité et l’ensemble des tutelles. Ceci appelle un suivi collectif et un portage attentif par l’ADL dans les mois à venir.